DRAGOBABA LA TRIBU DU VIVRE ENSEMBLE

 

 

Un conte co-écrit par :

Amir Benazouz, Nawel Benazouz, Lina Boudries, Mohammed-Amin Boudries, Hugo Aubertin, Manon Aubertin,

 

Atelier animé avec l'association Adounia et en partenariat avec le Labo des Histoires

Intervenante : Aude FabuletJuin 2016

 

Je m'appelle Arceau du Ciel, et je viens de la tribu des Dragobaba.

Je suis un dragon. Un dragon à deux têtes.

Je crache de l'eau, du feu et de la glace. Je suis fainéant mais intelligent.

Je suis méga-fort comme dragon.

Je sais aussi sauter très loin. Je vole vite et je grandis haut.

Je peux exploser des rochers, nager sous l'eau, traverser les murs et devenir invisible.

Je viens du désert.

Dans le désert, il y a du sable, il fait très chaud.

Ici, il fait un tout petit peu froid même si des fois il y a du soleil quand même.

Nous sommes là depuis des millénaires, à observer ce qui se passe sur Terre.

Nous allons là où on se frappe pour amener la paix.

Nous allons là où les goûters ne se partagent pas pour rassembler ceux qui veulent être amis.

Nous allons là où les ennemis se détestent, s’énervent et s'insultent pour ramener le respect et continuer à s'amuser.

Ma mission c'est d'amener des gens à s'asseoir sur mon dos.

Ma mission c'est de porter les Hommes.

Ma mission c'est d'aider les gens à vivre ensemble.

Je suis arrivé ici, au milieu des îles de Mars, à Pont de-Claix il y a quelques années. Un jour, le Drac a inondé les rues et deux jours plus tard, une petite colline apparaissait déjà. C'était au mois de mars.

C'est pour cette raison qu'on nomma cette partie de Pont-de-Claix « Iles de Mars »

Voici quelques-unes de mes aventures

                                                                               De là où je suis je...

Je vois une pierre, deux dames et des nuages.

Il y a beaucoup de nuages aujourd'hui. Ils prennent la forme d'animaux volants.

Derrière il y a de l'herbe, un terrain de foot et un parc.

De grandes maisons grises et derrière, des montagnes plates, rectangulaires.

J'aperçois des barreaux verts, des immeubles, un collège.

Un gymnase et un city stade.

En haut il y a le ciel.

Au premier plan je vois un rocher et un escargot taillé dans la pierre.

Plus loin un monsieur tient quelque-chose dans sa main.

Une dame retourne la terre.

Je vois un garçon sur un vélo rouge

Un cahier bleu

Les cheveux d'une fille

J'entends le bruit des vélos qui roulent et qui dérapent.

Le garçon sur son vélo qui tourne, et quelqu'un qui frotte ses pieds sur le sol.

J'entends des voix, des personnes qui parlent.

J'entends le bruit de toutes petites pierres et des oiseaux qui chantent.

Les arbres aussi font du bruit avec leurs feuilles.

Le vent danse.

Un garçon parle au téléphone

J'entends des gens qui courent et des ballons qui roulent.

Avec mon nez je sens les fleurs.

L'odeur de la terre. Un parfum.

Avec mon corps, je sens le vent qui vient sur moi

Mais un jour, soudain...

Je sens que j'ai mal aux pieds.

Je ne peux plus marcher.

J'ai peur.

Il y a quelque-chose qui se craque.

J'ai envie de m'arracher les écailles.

                                                                     La croisade contre les arracheurs de plantes

 

En passant devant le magnifique potager, j'ai vu des plantes arrachées.

Pourtant, ce potager contient de la paix, de la joie et de la bonne humeur.

A l'intérieur, on y fait pousser des carottes, des fraises, des framboises, des poireaux, de la salade et des laitues, de la menthe, des pommes de terre, de la lavande, des tomates cerises...

Les escargots et les vers de terre sont bienheureux de venir faire leur marché ici.

Mais il y a des gens qui viennent et qui prennent des plantes et les arrachent.

Ils sont malpolis. Quand les plantes sont mal arrachées, elles meurent.

Et je ne peux plus me nourrir, pauvre de moi!

La carotte est un légume sauvage. Pour se défendre si quelqu'un l'arrache alors qu'elle n'était pas encore prête à sortir, celui qui la mange deviendra tout orange.

                                                                      Le jardin est la serrure de la lumière.

 Et voici une autre histoire de clé :

                                                                           Le labyrinthe du temps qui passe

 

Un jour que je me promenais dans le quartier pour voir si les enfants se faisaient du mal, je tombai dans un gros trou derrière le banc de mosaïque. Je devais le reboucher pour éviter aux gens de se blesser. C'était ma mission.

Comme je suis plutôt curieux, je voulais savoir ce qu'il y avait dedans.

Alors je suis descendu jusqu'au fond du trou. J'ai trouvé le labyrinthe creusé par les hommes préhistoriques qui vivaient là avant. Mon copain Dragibus m'en avait déjà parlé…

Un jour, il était minuit, il y avait de la rage, des étoiles, du vent, et il m'a raconté l'histoire de la peur.

Des hommes cachés dans les grottes qui creusent :

HATTA, HATTA, HATTA pour se protéger du dehors.

Au bout du labyrinthe, dans une boîte remplie de terre et de boue, j'ai trouvé la fameuse clé qui ouvre la porte du bout du labyrinthe.

La porte disait : « Ne m'ouvre pas » car elle protège ce qui se cache derrière. Je répondis seulement: « Laisse moi rentrer s'il te plaît » et tournai la clé dans la serrure.

La clé en or ouvre la porte du labyrinthe.

Sur la clé il y a une sorte de carte pour retrouver le chemin. Je réussis à sortir du labyrinthe mais j'avais plein de terre sur moi. Heureusement, il plut et je redevins tout propre.

Derrière la porte, il y avait une potion magique.

Une fois dehors je la versai sur le sol et un arbre poussa, poussa, poussa...

C'était un arbre très vieux qui restera pour toute la vie, même après la fin du monde.

Sur cet arbre est inscrit le nom de tous les habitants du quartier et toutes leurs histoires. Il suffit de mettre la main au bon endroit pour les entendre.

Cet arbre apporte la paix.C'est celui qui est au milieu de notre quartier. Alors quand on se sent seul, on peut aller sous ses feuilles et écouter les histoires de tous ceux qui sont passés par là.

 

                                                                                                       Le silence console.

 

Et pas à pas, on retrouve la force de dire ce qui ne va pas. C'est ce qui se passe dans cette histoire-là :

 

                                                                                                       Choisis tes chaussures

 

Parfois j'entends des pleurs qui viennent du parc. Un enfant s'est blessé. Les enfants tirent sur le dragon au lieu d'aller jouer au foot au city stade.

Le city stade est rectangulaire, il y a des bancs. Et les grands ne laissent pas les petits jouer. Alors ils se retrouvent à grimper sur mon dos. On dirait que je ne suis qu'une statue mais je peux être terrible, mes yeux deviennent rouges et je mange les bottes et les chaussures de ceux qui ne veulent pas partager le terrain. Alors une voix dans leur tête résonne et leur dit : « invite-les »Et voilà la la la…

 

                                                                               Ne pas vivre ensemble c'est la scie qui nous sépare.

 

Ce qui sépare souvent, c'est ce qui nous fait peur.

Et quand on a peur, on crie. Mais moi, Arceau du Ciel, je ne crie pas. Je souffle. Je souffle des mots.

 

                                                                                                            Maléfique

 

Sous l'agora, une dame maléfique fait peur aux gens.

C'est une sorcière venue de la forêt. Elle se sert d'un diamant pour lancer des sorts et peut changer d'apparence. Dès que les gens s'approchent, le diamant s'illumine et elle prononce sa formule :

 

                                                                                   ABRIMMOBILISA DIAMANTI CADABRA

 

Elle leur jette un sort et ils s'immobilisent. Plus personne n'ose aller là-bas.

J'utilise une potion magique faite à base d'escargots et de vers de terre écrasés à la fraise. On écrase le tout et on mélange.

Mode d'emploi :

1. prenez le pot dans la main droite

2. ouvrez doucement le pot et mettez un peu de poudre sur les doigts

3. versez-en sur la chose que vous voulez faire disparaître.

4. Après avoir versé la poudre, attendez cinq secondes

5. Après cinq secondes, votre souhait s'exaucera

La dame maléfique et ses sortilèges retournent alors dans le néant. Les gens reparlent entre eux et la paix règne dans le quartier.

On organise une fête pour réunir tout le monde : des ballons sont installés et aussi une table avec un goûter.

Sous l'agora, un groupe de musique joue. Les habitants dansent joyeusement.

Le dragon est joyeux et les gens posent des fleurs sur le banc en signe de remerciement.

 

                                      Le vivre-ensemble, c'est le marteau de la paix, l'envie de percer, tous ensemble.

 

Voilà. Ma mission est terminée. D'autres histoires suivront. Je serai encore là. Comme tout le monde a pu voir que j'étais gentil, tout le monde est monté sur mon dos. Je me suis envolé. Pendant le vol j'ai soufflé cette dernière parole aux enfants:

 " Plus vous vous asseyez, plus vous me comblez ! "

 


Grâce à l’arbre à palabres des Olympiades, les enfants, Aude l’auteure, Julie l’illustratrice, ont fait preuve d’une imagination débordante. L’arbre a tenu ses promesses, ils ont palabré plus que jamais. Pendant un moment, nous nous sommes transporté en Afrique, un doux soir d’été, manquait plus que le vieux sage.



Mardi 10 Février 2015 à la bibliothèque Aragon.

L’association ADOUNIA, remercie la bibliothèque Aragon pour son accueil
Un remerciement tout particulier à Claire et Philippe pour leur implication dans ce projet.
Un très bon travail de fonds effectué par Aziz.
Belle surprise pour cette première journée, 13 enfants du quartier Iles de Mars/Olympiades ont participé au premier atelier BD.
Aziz explique aux enfants comment Dragobaba s’envole du banc, mais on ne va pas tout dévoiler…